Terres de feu
Sensations vibrantes.
La série « Terres de feu »
Marcher dans le Colorado provençal, c’est d’abord éprouver un saisissement. Celui de découvrir, au détour d’un chemin forestier banal, un paysage qui n’a rien à faire là. Ces falaises et dunes pétrifiées, ce silence minéral – tout semble venir d’ailleurs, d’un improbable désert lointain.
La lumière y est différente. Elle se brise sur les parois d’ocre, rebondit, se multiplie, crée des ombres impossibles. Les masses oranges laissent la place aux tons jaunes au détour des chemins.
On ne regarde plus seulement le paysage, on le ressent vibrer. Chaque pas soulève une poussière fine, presque dorée, qui colle à la peau et rappelle que ce lieu a été façonné par des mains humaines avant que la nature ne reprenne ses droits. Il y a quelque chose d’apaisant dans ces anciennes carrières ou le temps semble suspendu. Les pins qui s’accrochent aux crêtes racontent une lente reconquête, une patience végétale face au minéral.
C’est un voyage immobile, une échappée sans eloignement. Ces terres de feu offre cette rare sensation de dépaysement total à quelques pas de chez soi, comme si la Provence gardait ce trésor flamboyant pour ceux qui savent prendre le temps de s’y perdre.
Série exposée au Salon d’Art photographique L’Artisclic en mai 2026